Matthieu Rosso | Guitarist/Composer

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Le guitariste Matthieu Rosso signe tout le répertoire de ce quartet aux accents très électriques, qui surprend d’entrée de jeu par la masse sonore déployée ...

No Monster.
Si c'est une réponse, cela implique donc qu'il y a eu un questionnement, ou une remise en question, venant de l'intérieur ou de l'extérieur.
Monster? No monster ?

Remise en question de ce qui est présenté, que chacun peut appliquer à titre individuel mais aussi d'un point de vue collectif, face à l'absurdité ou la violence de certains événements, tellement inimaginables qu'ils en deviennent incompréhensibles .
No Monster, c'est donc 8 morceaux, comme 8 points de vues différents, 8 tentatives de réponses à ces questionnements que chacun peut voir surgir en lui au détour de sa vie. Remises en question qui tout à coup font voler en éclat les vieilles certitudes qui nous permettaient encore de rester debout, et qui, en s'imposant à nous, nous acculent à changer de point de vue, de façon de voir les choses, pour pouvoir se ré-inventer, ou tout simplement pour survivre.
8 propositions, qui sont tantôt sombres et urbaines, aux ambiances très cinématographiques, ( certains passages évoquent le cinéma de David Lynch) d'autres propositions plus lumineuses et lyriques, quand d'autres morceaux évoquent de façon assumée quelques morceaux légendaires de la pop music (  walk on the wild side de  lou reed dans "Faz", Smell like teen spirit de Nirvana dans Flexible…)
Comparé au premier album du "Red quartet", ce deuxième opus, grâce notamment aux effets électronique de Denis Guivarc'h, possède une couleur beaucoup plus moderne, plus sombre aussi, qui lui donne une tonalité beaucoup plus actuelle.

 

Jean-Philippe Morel,  dans le rôle du bassiste (terme qui, le concernant, semble bien réducteur, tant son rôle dans le groupe dépasse largement le rôle traditionnel du bassiste dans un quartet de jazz), apporte avec lui tout un background issu tant du jazz le plus libertaire que du métal ou de la musique contemporaine, et pousse la musique dans des retranchements que peu de bassistes pourraient assumer avec autant d'implication et de ferveur.

Rafael Koerner, dans le rôle de chef d'orchestre, de fédérateur de cet improbable réunion de personnalités, apporte quant à lui son immense savoir faire,  dirige le quartet comme il le ferait dans des grands orchestres, et pilote de main de maitre les propositions qui émanent de chaque membres du groupe.

Matthieu Rosso, en bon maitre de cérémonie, ne tire jamais la couverture à lui. Bien que toute cette musique émane bel et bien de lui, son soucis premier est bien celui du collectif, sachant s'effacer lorsque la musique le nécessite, et reprendre la parole à bon escient,  lorsque le propos l'exige.
No monster s'inscrit résolument ds le présent du jazz, sans renier pour autant l'aspect "improvisation", qui caractérise cette musique.

A l'arrivée, ce groupe n'a donc plus grand chose à voir avec un groupe de jazz au sens traditionnel du terme, et il  n'a de "quartet" que le nom, tant les propositions sonores des quatre musiciens semblent démultiplier les masses sonores.  
Car c'est bien de cela qu'il s'agit: un travail sur la masse sonore, souvent dense, d'où semble surgir, au détour d'une phrase, d'une proposition de l'un ou de l'autre des protagonistes, un espace qui va tout à coup éclairer l'ensemble et l'amener dans une direction nouvelle.
Malgré tout, les effets électronique et les superposition de couches ne se font jamais au détriment de la composition et des mélodies en elles-mêmes, qui vivent et fonctionnent selon leur propre schéma de fonctionnement .
Et c'est en cela que l'ont retrouve ce qui était déjà présent dans le premier album de Matthieu Rosso, à savoir une grande rigueur dans l'écriture, et l'utilisation de concepts formels dont on trouve l'origine chez Steve Coleman, Aka moon, Magic malik, etc… mais détaché de tout dogmatisme.

Empruntant tant au jazz contemporain, au free, au mainstream, qu'au métal, à l'électro ou a la pop,  pour créer une fusion sonore que l'on n'avait encore peut-être jamais entendu auparavant, en tout cas de cette façon là, nous sommes donc assurément devant un objet sonore non identifié qui  à coup sûr surprendra.


 

 
 
 

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Images Issues du projet DEUS (Dark energy Universe Simulation) réalisé par Jean-Michel ALIMI

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